Fiscalité de la location saisonnière au Maroc pour le propriétaire non-résident : la convention France-Maroc
Résident fiscal français, vous louez un bien au Maroc en courte durée ? Ce que dit la convention fiscale France-Maroc sur vos loyers, votre obligation de déclarer en France, et l'articulation avec la fiscalité marocaine déjà couverte dans notre guide de la loi 80-14.
Un Cannois qui a investi dans un appartement à Agadir se pose souvent la question dans le mauvais ordre. Il regarde d'abord son avis d'imposition français et se demande s'il doit y ajouter ses loyers marocains, alors que la vraie première question est différente : dans quel pays ce revenu est-il taxé en priorité, et que reste-t-il ensuite à faire côté français. Notre guide complet de la loi 80-14 a déjà détaillé la fiscalité marocaine du meublé touristique (IR, TVA, taxe professionnelle). Ce qui manque, et que cet article couvre, c'est l'articulation avec la France quand le propriétaire y réside fiscalement : la convention bilatérale, l'obligation déclarative française, et les pièges qui ressemblent le plus à des oublis coûteux.
Chez StayLabs, nous avons construit et piloté le logiciel opérationnel d'agences leaders de la location saisonnière de la French Riviera, plusieurs centaines de propriétés gérées. Sur le volet fiscal international, ce n'est pas notre expertise première : nous ne sommes ni fiscalistes ni experts-comptables, et cet article pose le cadre général, pas un calcul personnalisé. Pour votre situation précise (autres revenus, structure d'exploitation, durée de séjour), un expert-comptable compétent des deux côtés de la Méditerranée reste indispensable. Ce que nous pouvons apporter, c'est la même rigueur méthodique qu'en matière opérationnelle : comprendre l'ordre des questions à se poser avant de chercher la réponse.
Premier réflexe : le pays où se situe le bien impose en premier
Le principe qui structure la fiscalité internationale des revenus immobiliers est simple à énoncer, moins simple à appliquer : un revenu tiré d'un bien immobilier est imposé en priorité dans le pays où ce bien est situé, quelle que soit la résidence du propriétaire. Pour un studio loué à Agadir, cela signifie que le Maroc impose ce revenu en vertu de son Code Général des Impôts (barème progressif de l'IR, TVA à 10 % pour l'hébergement touristique au-delà du seuil d'assujettissement, taxe professionnelle), exactement comme le détaille notre guide complet de la loi 80-14. L'objection classique, "je réside en France, pourquoi le Maroc me taxerait-il", ne tient pas : la résidence du propriétaire ne déplace pas le lieu d'imposition du bien. Conséquence directe : la déclaration marocaine est la première brique, pas une option.
Vous restez résident fiscal français : l'obligation de tout déclarer, même déjà imposé au Maroc
Le point qui surprend le plus de propriétaires : être imposé au Maroc n'exonère pas de toute obligation en France. Un résident fiscal français au sens de l'article 4 B du Code général des impôts (foyer, séjour principal ou centre des intérêts économiques en France) est imposable en France sur l'ensemble de ses revenus, y compris ceux de source étrangère, ce que rappelle service-public.fr dans sa fiche sur la déclaration des revenus perçus à l'étranger. Concrètement, les loyers marocains doivent figurer sur la déclaration française (formulaire 2047, puis reprise sur la 2042), même s'ils sont déjà taxés au Maroc. L'objection "je ne vais pas payer deux fois" est légitime, mais la réponse ne consiste pas à ne rien déclarer : elle se trouve dans la convention bilatérale, qui organise justement l'élimination de cette double imposition, pas sa disparition par omission.
La convention fiscale France-Maroc : ce qu'elle prévoit pour les revenus locatifs
La convention fiscale entre la France et le Royaume du Maroc, signée le 29 mai 1970 et publiée par le décret n° 71-1022 du 22 décembre 1971 (texte consolidé sur Légifrance et doctrine administrative BOFiP référence BOI-INT-CVB-MAR), traite les revenus immobiliers dans la logique désormais classique des conventions fiscales : le pays de situation du bien (le Maroc, pour un studio loué à Agadir) conserve le droit d'imposer ces revenus en premier. Côté français, l'élimination de la double imposition sur ce type de revenu passe par un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant à ces revenus : concrètement, le revenu locatif marocain est intégré au calcul de l'impôt français, puis un crédit vient neutraliser l'impôt français dû sur cette même part de revenu, déjà taxée au Maroc. C'est un mécanisme différent de la simple exonération : le revenu marocain reste visible dans le calcul français, il n'est pas absent de la déclaration, seul l'impôt correspondant est neutralisé. La méthode exacte et ses subtilités (plafonnement du crédit, articulation avec d'autres revenus) méritent d'être confirmées avec un fiscaliste connaissant spécifiquement cette convention avant toute déclaration.
Exemple : un studio loué à Agadir, mécanique simplifiée
Prenons un exemple purement illustratif pour visualiser la mécanique, sans valeur de conseil personnalisé. Un propriétaire résident fiscal français perçoit 40 000 DH de loyers annuels sur un studio loué en courte durée à Agadir. Le Maroc impose ce revenu selon le barème progressif de l'IR marocain, après l'abattement forfaitaire applicable ; en dessous de 500 000 DH de chiffre d'affaires, il n'est en général pas assujetti à la TVA, comme détaillé dans notre guide de la loi 80-14. Ce même revenu doit ensuite apparaître dans la déclaration française, où le crédit d'impôt prévu par la convention neutralise l'impôt français correspondant. L'objection "je calcule moi-même par recoupement" est risquée ici : le plafonnement exact du crédit dépend de votre situation globale, un point à faire trancher par un professionnel, pas par un tableur personnel.
Le cas des Français installés au Maroc à l'année, et des MRE
La logique s'inverse pour le Français qui s'installe durablement à Marrakech ou Agadir et y transfère son foyer : il peut devenir résident fiscal marocain, et non plus résident fiscal français, ce qui change entièrement le raisonnement. C'est un statut à déterminer avec précision (les critères de résidence fiscale des deux pays ne se recoupent pas automatiquement), pas une simple question de durée de séjour ou de nationalité. Nombre de MRE et de résidents étrangers installés au Maroc exploitent d'ailleurs leur bien via une SARL marocaine, une option déjà évoquée dans notre guide complet de la loi 80-14 pour structurer l'activité au-delà de deux biens. Ce cas de figure sort du périmètre de cet article, centré sur le non-résident qui garde sa résidence fiscale en France : il mérite un traitement dédié avec un fiscaliste des deux pays.
Ce qu'il faut retenir avant de louer au Maroc en tant que non-résident
1. Déclarer les revenus au Maroc dans le cadre de la loi 80-14 (voir notre guide complet)
2. Conserver l'ensemble des justificatifs marocains (avis d'imposition, quittances de TVA le cas échéant)
3. Déclarer ces mêmes revenus en France (formulaire 2047 puis 2042), même déjà imposés au Maroc
4. Faire vérifier par un fiscaliste le calcul exact du crédit d'impôt prévu par la convention France-Maroc
5. Statuer clairement sur sa résidence fiscale si un transfert durable au Maroc est envisagé
La fiscalité internationale ne s'improvise pas, et cet article pose le cadre, pas le calcul définitif : chaque situation (durée de séjour, autres revenus, structure d'exploitation) change la réponse. Ce qui reste universel, en revanche, c'est le travail administratif du quotidien qui prépare un dossier de bonne foi côté marocain : fiches voyageurs, registre des réservations, justificatifs conservés. StayLabs travaille à automatiser cette collecte pour les propriétaires qui louent au Maroc comme en France, la bêta est en cours d'ouverture. Pour l'ensemble de vos obligations réglementaires marocaines, retrouvez notre guide complet de la loi 80-14, et pour le parallèle côté France, notre guide de la fiscalité Airbnb 2026.
Questions fréquentes
Dois-je payer des impôts en France si mes loyers marocains sont déjà taxés au Maroc ?
Oui, vous devez déclarer ces revenus en France si vous êtes résident fiscal français (article 4 B du CGI), mais la convention fiscale France-Maroc du 29 mai 1970 prévoit un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant, qui neutralise la double imposition sur ce revenu.
Quel formulaire utiliser pour déclarer des loyers marocains en France ?
Le formulaire 2047 (revenus encaissés à l'étranger), dont le montant est ensuite reporté sur la déclaration 2042, selon les indications de service-public.fr et de la documentation impots.gouv.fr.
Je vis à l'année à Marrakech, suis-je encore résident fiscal français ?
Pas nécessairement : cela dépend des critères de résidence fiscale (foyer, séjour principal, centre des intérêts économiques) au sens de l'article 4 B du CGI, à examiner au cas par cas avec un fiscaliste des deux pays.
La convention fiscale France-Maroc couvre-t-elle uniquement les revenus locatifs ?
Non, elle couvre l'ensemble des catégories de revenus (salaires, pensions, revenus mobiliers, revenus immobiliers). Cet article se concentre uniquement sur le cas du revenu locatif d'un bien loué en courte durée.
Sources : convention fiscale entre la France et le Royaume du Maroc du 29 mai 1970, tendant à éliminer les doubles impositions, publiée par le décret n° 71-1022 du 22 décembre 1971 (Légifrance) et modifiée par l'avenant publié par le décret n° 90-1135 du 18 décembre 1990 (Légifrance) ; doctrine administrative BOFiP, référence BOI-INT-CVB-MAR ; article 4 B du Code général des impôts, critères de résidence fiscale en France (Légifrance) ; service-public.fr, fiche sur la déclaration des revenus de source étrangère (formulaire 2047) ; Code Général des Impôts marocain (IR, TVA hébergement touristique, taxe professionnelle), déjà cité et sourcé dans notre guide complet de la loi 80-14 au Maroc.
La fiscalité posée, la conformité au quotidien reste à sécuriser
StayLabs automatise la collecte des fiches voyageurs exigées par la loi 80-14. La bêta est en cours d'ouverture.
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